PORTRAIT

INTERVIEW DE CORINNE PELISSIER, FONDATRICE DE SPACE AND PLACE ET CONSULTANTE EN ARCHITECTURE FENG SHUI

Quelques mots sur votre parcours ?

Disons le, un parcours pour le moins atypique ! De nature ultra pragmatique, rien ne me prédestinait à m’orienter vers le Feng Shui. J’ai longtemps travaillé dans l’industrie pharmaceutique avant de prendre un virage à 360 degrés pour suivre une formation de « conducteur de travaux en bâtiment, tous corps d’Etat » à l’ESTP* à Paris. École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’Industrie.

C’est donc sur le terrain qu’est né le goût de l’architecture ?

Durant une dizaine d’années, j’ai accompagné de nombreux projets de construction ou de réaménagement d’espaces. J’ai côtoyé bon nombre d’artisans, découvert tous les corps de métiers. J’ai très vite été frappée de constater que les espaces sont souvent conçus pour un projet et non pour une personne ou un ensemble de personnes. Ainsi, le caractère technique d’un ouvrage passait toujours avant la dimension humaine.

Voilà qui nous amène directement à la question du Feng Shui ?

Sans doute. Au même moment, j’ai découvert sur un ouvrage qui abordait la question du Feng Shui, pratique ancestrale chinoise. On y évoquait la place de l’individu dans l’espace. Ce livre m’a fascinée et de façon quasi naturelle, la connexion s’est faite entre ces deux univers très complémentaires que sont l’espace et la place de l’humain.

Comment devient on spécialiste de l’architecture Feng Shui ?

Passionnée par cette question, j’ai suivi en 2010 une formation de « Design Feng Shui School » à Paris. Je me suis ensuite rapprochée de Marie Pierre Dillenseger, Maître Feng Shui, dont la renommée est mondiale. Elle travaille sur le Feng Shui traditionnel avec une pratique centrée sur la métaphysique chinoise. Elle a acquis une solide expérience d’accompagnement des personnes en gestion de projet. C’est aussi ce qui rend son enseignement infiniment riche.

Face aux enjeux financiers d’un chantier de construction, cette question est-elle prise au sérieux ?

Idéalement, il nous faut évidemment travailler avec des maîtres d’œuvre qui ont cette même sensibilité, ce même souci de la place de l’humain dans l’espace en construction. Pour moi en tous cas, plus question de suivre des chantiers sans y intégrer cette dimension tant elle me semble essentielle et précieuse pour le bien être des individus.

On associe souvent l’architecture Feng Shui à de la déco ?

Voilà une terrible idée reçue. La démarche pour être intégrée efficacement, doit intervenir en amont d’un projet de construction. Elle doit appréhender les envies, les modes de vie des individus qui occuperont cet espace. Pour les détecter on entre naturellement dans l’espace intime de l’autre au cours de plusieurs entretiens qui vont permettrent de donner de la cohérence au projet.

Les pratiques sont elles les mêmes pour un projet d’entreprise et de particulier ?

Pour un projet d’entreprise c’est formidable car la plupart du temps l’équipe est associée à la démarche. Cela participe bien sûr à la cohésion d’entreprise. Dans un projet de particulier, l’approche est différente Sans doute plus intime, plus personnelle. Dans les deux cas de figure, ma mission commence par une analyse des lieux et des personnes qui y travaillent, et qui y vivent. Et passe par un entretien avec les personnes, sur la perception des espaces de travail, les attentes, les pratiques et les sensations.

Qu’est ce qui fait la différence avec l’approche Feng Shui ?

Le FS est pour moi un magnifique outil au service de l’humain. Il apporte une cohérence à l’ensemble de mes projets et offre à mes clients un regard différent, une écoute particulière et ainsi, des propositions d’aménagement ou de construction adaptées.